Spécialisée dans la fabrication de solutions balistiques, la société Tencate Advanced Armor, basée à Primarette en Isère se distingue également par ses actions sociales. Depuis 2012, la société originaire des Pays-Bas sous-traite en effet une partie de sa production à l’ESAT Henri Robin, en rentrant notamment dans le process de confection de gilets par-balles.

D’un côté, un fabricant de gilets par-balles et de blindages de véhicules présent dans un marché de niche. De l’autre, un établissement médico-social qui a pour objectif l’insertion sociale et professionnelle des adultes handicapés. Deux mondes différents mais unis depuis 2014 qui se sont quand même rencontrés.
Pour Frederic Fontvieille, responsable de production chez Tencate, la réponse est assez simple « on a eu un appel d’offre sur un véhicule. Il y avait énormément de travail manuel et le délai était serré. J’ai rencontré le directeur de l’ESAT et on a vu qu’il y avait quelque chose à faire ensemble ». À la suite de cette rencontre, une partie de la production de l’entreprise est délocalisée au sein de l’ESAT. C’est à ce moment-là qu’une nouvelle problématique se pose. « Il a fallu développer le savoir-faire en interne pour l’enseigner à d’autres personnes et ensuite construire un planning pour travailler en concertation » précise le cadre de la société isèroise.

Partenaires « particuliers »

Rapidement le partenariat a été mis en place. L’ESAT Henri Robin travaille en fonction des besoins et des appels d’offres remportés par la société. Les travailleurs handicapés font de l’assemblage de carreaux de céramique. Les salariés de Tencate sont heureux de l’importance du rôle social apporté. Frederic Fontvieille ajoute « ce n’est pas que de la simple sous-traitance. C’est une mission pour les entreprises de développer ce type d’activité. On souhaite continuer à travailler avec l’ESAT ». Depuis 4 ans, une relation de confiance s’est installée. La réactivité et l’attention apporté par l’ESAT sont des gages de qualités.

Concernant l’ESAT les retours sur cette expérience sont positifs. Pour Julie Martin, directrice de l’établissement Beaurepairois, le travail minutieux nécessaire dans ce secteur d’activité correspond aux personnes en situation psychique : « ils ont bien accroché. Ils peuvent travailler en autonomie et de façon permanente ». Le fait d’individualiser les postes -chose que l’on ne retrouve pas en ateliers- renforce la motivation des travailleurs. La directrice poursuit « ils savent ce qu’ils produisent. On leur montre et on expose des posters de véhicules blindés». Le travail effectué est vérifié par un service de contrôle de qualité. Julie Martin précise « Il y a la même exigence dans la société Tencate que pour l’ESAT. Les experts du contrôle qualité viennent toujours inspecter le travail ».
Au final, le partenaire particulier n’est peut-être pas celui auquel on pense en premier.